Partage de la valeur : intéressement, participation, prime de partage de la valeur et épargne salariale
Associer les salariés aux résultats de l'entreprise permet de les motiver et de les fidéliser, avec un coût social et fiscal bien inférieur à celui d'une augmentation de salaire. Ce guide présente les quatre outils du partage de la valeur, leurs plafonds pour 2026, le régime de la prime de partage de la valeur qui change au 1er janvier 2027, l'obligation qui pèse sur certaines entreprises de 11 à 49 salariés et les points de vigilance.
Rédigé par Guillaume Thomas Expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables depuis plus de 10 ans. Il a fondé et dirige GT Expertise.
Relu par Arnaud de Pommery Responsable juridique de GT Expertise.
Publié le 21 janvier 2025, mis à jour le 3 novembre 2026.
Les quatre outils en bref
| Dispositif | Principe | Plafond individuel 2026 |
|---|---|---|
| Intéressement | Prime liée à des objectifs de performance définis par accord | 36 045 € (75 % du PASS) |
| Participation | Part des bénéfices redistribuée selon une formule ; obligatoire dès 50 salariés | 36 045 € (75 % du PASS) |
| Prime de partage de la valeur | Prime facultative, jusqu'à deux versements par an | 3 000 €, ou 6 000 € dans certains cas |
| Abondement au plan d'épargne entreprise | Complément versé par l'employeur sur les sommes placées par le salarié | 3 844,80 € (8 % du PASS) |
Ces montants reposent sur le plafond annuel de la sécurité sociale de 2026, fixé à 48 060 €. Dans les entreprises de 1 à 249 salariés, le dirigeant, son conjoint collaborateur ou associé peuvent aussi bénéficier de l'intéressement, de la participation et de l'abondement. Une condition d'ancienneté de trois mois au maximum peut être exigée.
L'intéressement
- La mise en place : par accord, conclu pour une durée d'un à cinq ans, avec les délégués syndicaux, le comité social et économique, ou par ratification à la majorité des deux tiers des salariés. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il peut aussi être instauré par décision unilatérale dans certains cas.
- Le calcul : selon une formule liée aux résultats ou aux performances, comme le chiffre d'affaires, la qualité ou des objectifs environnementaux, mesurables et aléatoires.
- Les plafonds : 20 % de la masse salariale brute au total, et 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale par bénéficiaire.
- Le régime : exonéré de cotisations sociales, mais soumis à la CSG et à la CRDS ; exonéré d'impôt sur le revenu s'il est placé sur un plan d'épargne salariale ; déductible du résultat de l'entreprise.
La participation
- Obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés ; facultative en dessous.
- La formule légale : la réserve spéciale de participation dépend du bénéfice, des capitaux propres, des salaires et de la valeur ajoutée. Un accord peut prévoir une formule dérogatoire au moins aussi favorable.
- La répartition : proportionnelle aux salaires, à la durée de présence ou uniforme, ou en combinant ces critères, le salaire retenu étant plafonné à trois fois le plafond annuel de la sécurité sociale, soit 144 180 € en 2026.
- Le régime : le même que l'intéressement. Les sommes placées sont bloquées cinq ans sur un plan d'épargne entreprise, sauf cas de déblocage anticipé.
La prime de partage de la valeur
La prime de partage de la valeur peut être versée à tous les salariés, ou à ceux dont la rémunération est inférieure à un plafond, et modulée selon la rémunération, l'ancienneté, la classification ou la durée de présence. Elle ne peut se substituer à aucun élément de salaire.
| Situation | Versements jusqu'au 31 décembre 2026 | À partir du 1er janvier 2027 |
|---|---|---|
| Entreprise de moins de 50 salariés, salarié payé moins de trois SMIC | Exonération de cotisations, de CSG-CRDS et d'impôt sur le revenu, dans la limite des plafonds | Exonération de cotisations ; CSG-CRDS et impôt sur le revenu dus, sauf placement sur un plan d'épargne salariale |
| Autres situations | Exonération de cotisations ; CSG-CRDS et impôt sur le revenu dus, sauf placement sur un plan d'épargne salariale | Même régime |
Deux points d'attention : depuis le 1er janvier 2026, la prime entre dans la rémunération retenue pour le calcul de la réduction générale des cotisations patronales, ce qui peut diminuer cet allègement pour les bas salaires. Et pour les entreprises de moins de 50 salariés, les versements de décembre 2026 sont les derniers à bénéficier de l'exonération totale.
Pour mesurer l'effet sur le coût employeur, voir notre article comment calculer le coût d'un salarié.
L'épargne salariale
- Le plan d'épargne entreprise recueille l'intéressement, la participation, la prime de partage de la valeur si le salarié le souhaite, et ses versements volontaires. Les sommes sont bloquées cinq ans, sauf cas de déblocage anticipé.
- Le plan d'épargne retraite d'entreprise collectif permet de les bloquer jusqu'à la retraite.
- L'abondement de l'employeur : jusqu'à trois fois le versement du salarié, dans la limite de 8 % du plafond annuel de la sécurité sociale sur le plan d'épargne entreprise, soit 3 844,80 € en 2026, et de 16 % sur le plan d'épargne retraite, soit 7 689,60 €.
L'obligation pour certaines entreprises de 11 à 49 salariés
Depuis la loi du 29 novembre 2023 sur le partage de la valeur, les entreprises de 11 à 49 salariés qui ne sont pas tenues à la participation et qui réalisent un bénéfice net fiscal au moins égal à 1 % de leur chiffre d'affaires pendant trois exercices consécutifs doivent, à titre expérimental pour les exercices ouverts depuis le 1er janvier 2025, mettre en place au moins un dispositif : participation, intéressement, prime de partage de la valeur ou abondement à un plan d'épargne salariale.
Le forfait social
| Effectif | Intéressement | Participation et abondement |
|---|---|---|
| Moins de 50 salariés | Exonéré | Exonérés |
| De 50 à 249 salariés | Exonéré | Forfait social dû, au taux de 20 % en principe |
| 250 salariés et plus | Forfait social dû, au taux de 20 % en principe | Forfait social dû, au taux de 20 % en principe |
Exemple : une entreprise de 20 salariés dont la masse salariale brute atteint 800 000 € peut distribuer jusqu'à 160 000 € d'intéressement par an, sans cotisations sociales ni forfait social. Les salariés supportent seulement la CSG et la CRDS, et ne paient pas d'impôt sur le revenu s'ils placent leur prime sur le plan d'épargne entreprise.
Vos questions sur le partage de la valeur
Quel est le plafond de l'intéressement en 2026 ?
20 % de la masse salariale brute au total, et 36 045 € par bénéficiaire, soit 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale de 48 060 €.
La participation est-elle obligatoire ?
Oui, dans les entreprises d'au moins 50 salariés. Certaines entreprises de 11 à 49 salariés bénéficiaires doivent par ailleurs mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur.
La prime de partage de la valeur est-elle imposable ?
Jusqu'au 31 décembre 2026, elle est exonérée d'impôt sur le revenu dans les entreprises de moins de 50 salariés pour les salariés payés moins de trois SMIC. Dans les autres cas, et pour tous à partir de 2027, elle est imposable, sauf placement sur un plan d'épargne salariale.
Quel est le plafond de l'abondement au plan d'épargne entreprise ?
Trois fois le versement du salarié, dans la limite de 8 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 3 844,80 € en 2026.
Le dirigeant peut-il bénéficier de l'intéressement ?
Oui, dans les entreprises de 1 à 249 salariés, le dirigeant ainsi que son conjoint collaborateur ou associé peuvent en bénéficier.