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Rachat de cabinet dentaire : checklist financière, valorisation, zonage et fiscalité

Le rachat d'un cabinet dentaire engage le praticien pour de longues années. Avant de signer, il faut vérifier la rentabilité réelle du cabinet, la valeur de la patientèle, l'état du matériel, le bail, le personnel, le zonage de l'installation et le plan de financement. Cette checklist présente les points à contrôler, les modes de reprise, la fiscalité de l'opération et le rôle de l'expert-comptable.

Portrait de Guillaume Thomas, expert-comptable et fondateur de GT Expertise

Rédigé par Guillaume Thomas Expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables depuis plus de 10 ans. Il a fondé et dirige GT Expertise.

Portrait d'Arnaud de Pommery, responsable juridique de GT Expertise

Relu par Arnaud de Pommery Responsable juridique de GT Expertise.

Publié le 10 mars 2026, mis à jour le 2 novembre 2026.

La checklist en bref

Point à vérifierDocuments utiles
Évolution de l'activité et répartition des actesDéclarations 2035 ou comptes des trois derniers exercices, relevés d'activité de l'Assurance maladie
Rentabilité réelleComptes retraités : rémunération du cédant, charges exceptionnelles, loyers
PatientèleNombre de patients actifs, fréquence, dépendance au cédant
ZonageClassement de la zone et possibilité de conventionnement
MatérielInventaire, factures, contrats de maintenance et de crédit-bail
BailDurée restante, loyer, clauses de cession et de révision
PersonnelContrats de travail, ancienneté, convention collective
FinancementPrévisionnel, plan de financement, capacité de remboursement

Analyser l'activité et la rentabilité

  • L'évolution du chiffre d'affaires sur au moins trois exercices, pour repérer une activité stable, en croissance ou en baisse avant la cession.
  • La répartition des actes : soins conservateurs, prothèses, implantologie, orthodontie. Une activité très dépendante d'actes réalisés personnellement par le cédant est plus fragile.
  • Le recoupement des données : les recettes déclarées doivent être cohérentes avec les relevés d'activité de l'Assurance maladie.
  • La rentabilité retraitée : résultat et excédent brut d'exploitation, recalculés en neutralisant la rémunération du cédant, les charges exceptionnelles et un loyer anormal.
  • Les charges : personnel, prothésistes, consommables, loyer, maintenance, à comparer au niveau d'activité.

Pour comprendre les indicateurs utilisés, voir nos articles sur le besoin en fonds de roulement et le régime des BNC.

Un audit du cabinet avant de signer Analyse des comptes, retraitement de la rentabilité, évaluation, prévisionnel, choix de la structure de reprise et dossier bancaire : nous accompagnons les chirurgiens-dentistes repreneurs.

Évaluer le cabinet

La valeur d'un cabinet dentaire correspond principalement au droit de présentation de la patientèle, auquel s'ajoute la valeur du matériel et, le cas échéant, des locaux. Il n'existe pas de barème officiel : les pourcentages du chiffre d'affaires couramment cités varient fortement d'une source à l'autre, et ne tiennent compte ni de la rentabilité ni de la localisation.

  • La rentabilité : à chiffre d'affaires égal, un cabinet bien organisé vaut davantage qu'un cabinet chargé de frais.
  • La localisation et le zonage : dans les zones où l'installation est régulée, la reprise devient la seule voie d'accès au conventionnement, ce qui soutient la valeur des cabinets.
  • L'état du matériel et les investissements à prévoir après la reprise.
  • La capacité de remboursement : le prix doit permettre de rembourser l'emprunt tout en dégageant une rémunération suffisante pour le repreneur.

Le bon réflexe : partir de la rentabilité retraitée et du plan de financement pour déterminer le prix supportable, plutôt que d'appliquer un pourcentage du chiffre d'affaires. C'est aussi l'approche de la banque.

Zonage et conventionnement : une vérification indispensable

Depuis le 1er janvier 2025, la convention nationale des chirurgiens-dentistes 2023-2028 classe les territoires en zones. Dans les zones dites non prioritaires, le conventionnement d'un nouveau praticien est subordonné au départ d'un praticien déjà installé : la reprise d'un cabinet y devient la principale voie d'installation conventionnée. Certaines spécialités, comme l'orthodontie, échappent à cette règle. À l'inverse, les zones sous-dotées ouvrent droit à des aides à l'installation.

Avant tout engagement, il faut donc vérifier le classement de la zone et les conditions de conventionnement auprès de la caisse primaire d'assurance maladie.

Matériel, bail et personnel

  • Le matériel : état et âge des fauteuils, de l'imagerie et de la stérilisation, conformité réglementaire, contrats de maintenance et de crédit-bail en cours, investissements à prévoir.
  • Le bail : durée restante, montant et révision du loyer, conditions de cession au repreneur et de renouvellement. Un loyer élevé pèse durablement sur la rentabilité.
  • Le personnel : en cas de reprise de l'activité, les contrats de travail des assistantes et du secrétariat sont en principe transférés au repreneur, avec leur ancienneté. Il faut en mesurer le coût.
  • Les engagements du cédant : présentation de la patientèle, période d'accompagnement, clause de non-réinstallation dans un périmètre et une durée déterminés.

Mode de reprise et fiscalité

Mode de reprisePrincipeDroits d'enregistrement
Rachat du droit de présentation de la patientèle et du matérielLe repreneur acquiert les éléments en nom propre ou par sa propre sociétéBarème des cessions de clientèle : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 €, 5 % au-delà
Rachat des parts d'une SELARLLe repreneur reprend la société, avec son actif et son passif3 %, après un abattement proportionnel de 23 000 €
Rachat des actions d'une SELASMême logique que pour la SELARL0,1 %
  • La patientèle n'est pas amortissable, contrairement au matériel, qui s'amortit sur sa durée d'utilisation.
  • Les intérêts d'emprunt sont déductibles du résultat professionnel.
  • Le rachat de parts suppose un audit du passif de la société : dettes, litiges, engagements.
  • L'information de l'Ordre : le contrat de cession doit être communiqué au conseil départemental de l'Ordre des chirurgiens-dentistes.

Le choix de la structure, en nom propre ou en société d'exercice libéral, éventuellement avec une holding, a des conséquences fiscales et sociales importantes : voir nos articles sur le statut TNS ou assimilé salarié et sur la création d'une holding.

Le financement et le prévisionnel

  1. Établir le plan de financement : prix de la patientèle et du matériel, droits d'enregistrement, travaux, trésorerie de démarrage.
  2. Construire un prévisionnel sur trois à cinq ans : activité, charges, remboursements d'emprunt et rémunération du praticien. Voir notre article pourquoi un prévisionnel financier est important.
  3. Mesurer la capacité de remboursement : les ressources dégagées par le cabinet doivent couvrir les échéances et la rémunération du repreneur.
  4. Constituer le dossier bancaire : comptes du cabinet, analyse retraitée, prévisionnel, devis d'investissements.
  5. Négocier le prix, la période d'accompagnement et les garanties du cédant, sur la base de ces éléments.
Chirurgiens-dentistes, GT Expertise vous accompagne Audit financier du cabinet, valorisation, prévisionnel et dossier bancaire, choix de la structure, comptabilité BNC ou SEL après la reprise : un cabinet d'expertise comptable en Île-de-France aux côtés des professions de santé.

Vos questions sur le rachat d'un cabinet dentaire

Comment évaluer un cabinet dentaire ?

À partir de sa rentabilité retraitée, de la qualité de sa patientèle, de sa localisation et de son zonage, de l'état du matériel et de la capacité du repreneur à financer le prix. Il n'existe pas de barème officiel, et les pourcentages du chiffre d'affaires cités varient fortement selon les sources.

Peut-on encore s'installer librement comme chirurgien-dentiste ?

Pas partout. Depuis le 1er janvier 2025, dans les zones non prioritaires, le conventionnement d'un nouveau praticien est subordonné au départ d'un praticien installé. La reprise d'un cabinet y devient la principale voie d'installation conventionnée.

Quels droits d'enregistrement sur le rachat d'une patientèle ?

Le barème des cessions de clientèle s'applique : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % jusqu'à 200 000 € et 5 % au-delà. Le rachat de parts de SELARL est taxé à 3 % après abattement, celui d'actions de SELAS à 0,1 %.

Le prix de la patientèle est-il amortissable ?

Non. La patientèle n'est pas amortissable, contrairement au matériel. Les intérêts de l'emprunt contracté pour la reprise sont en revanche déductibles.

Le personnel du cabinet est-il repris ?

En principe oui : en cas de reprise de l'activité, les contrats de travail en cours sont transférés au repreneur, avec l'ancienneté des salariés.