Fermer une SASU : dissolution, liquidation et radiation (étapes, coût, délais)
Fermer une SASU se fait en deux temps : la dissolution, qui met fin à l'activité, puis la liquidation, qui solde les comptes avant la radiation de la société. La procédure est plus simple qu'avec plusieurs associés, mais elle comporte des étapes précises et des conséquences fiscales à anticiper, notamment l'imposition du boni de liquidation. Ce guide détaille la marche à suivre, les délais, le coût et ce qu'il advient d'une société radiée.
Rédigé par Guillaume Thomas Expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables depuis plus de 10 ans. Il a fondé et dirige GT Expertise.
Relu par Arnaud de Pommery Responsable juridique de GT Expertise.
Publié le 2 décembre 2024, mis à jour le 26 octobre 2026.
Dissolution et liquidation : quelle différence ?
Les deux termes sont souvent confondus, alors qu'ils désignent deux étapes successives :
Pendant la liquidation, la société existe toujours : sa dénomination est suivie de la mention « société en liquidation » sur tous ses documents.
Quelle procédure pour fermer votre SASU ?
La procédure dépend de deux questions : qui est l'associé unique, et la société peut-elle payer toutes ses dettes ?
| Situation | Procédure | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Associé unique personne physique, société solvable | Dissolution anticipée suivie d'une liquidation amiable | C'est le cas le plus courant ; il est détaillé dans ce guide. |
| Associé unique personne morale (une autre société) | Dissolution sans liquidation, par transmission universelle de patrimoine (TUP) | Tout le patrimoine de la SASU, actifs et dettes, est transmis à la société associée ; les créanciers disposent d'un délai de 30 jours pour faire opposition. |
| Société qui ne peut plus payer ses dettes | Procédure collective devant le tribunal | En cas de cessation des paiements, le dirigeant doit la déclarer au tribunal dans les 45 jours ; la liquidation amiable n'est alors plus possible. |
Si vous souhaitez simplement suspendre l'activité, sans fermer la société, la mise en sommeil est une alternative, possible pendant deux ans au plus. Pour les autres formes de société et la TUP, voir notre page dissolution, liquidation et TUP.
Les étapes pour fermer une SASU
- Décider la dissolution anticipée. L'associé unique prend la décision par écrit. Le procès-verbal fixe la date de dissolution et nomme un liquidateur, souvent l'ancien président, ainsi que l'adresse du siège de la liquidation.
- Publier une annonce légale de dissolution dans un support habilité du département du siège.
- Déclarer la dissolution sur le guichet unique des formalités d'entreprises, avec le procès-verbal, l'attestation de parution et les justificatifs du liquidateur.
- Liquider la société. Le liquidateur vend les actifs, encaisse les créances, paie les dettes, résilie les contrats, procède aux déclarations fiscales et sociales de cessation, et clôture les comptes bancaires une fois les opérations terminées.
- Établir et approuver les comptes de liquidation. Ils font apparaître le résultat final : boni ou mali. L'associé unique les approuve, donne quitus au liquidateur et prononce la clôture de la liquidation.
- Publier une annonce légale de clôture, puis déposer le dossier de clôture sur le guichet unique. La radiation de la société intervient ensuite.
Boni ou mali de liquidation : quelles conséquences ?
Une fois les actifs vendus et les dettes payées, l'associé unique récupère d'abord le montant de ses apports. Ce qui reste au-delà constitue le boni de liquidation.
- Le boni de liquidation est imposé comme un revenu distribué : en 2026, il supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option pour le barème de l'impôt sur le revenu. Le remboursement des apports n'est pas imposé.
- Pas de droit de partage en SASU : le droit d'enregistrement de 2,5 % qui frappe le partage du boni entre plusieurs associés ne s'applique pas, puisqu'il n'y a pas de partage lorsqu'un seul associé perçoit le solde.
- Le mali de liquidation apparaît lorsque l'actif ne suffit pas à rembourser les apports. La perte de l'associé unique est limitée au montant de ses apports, sauf faute de gestion ou engagement personnel, comme une caution.
Exemple. Une SASU au capital de 2 000 € dispose, après paiement de toutes ses dettes, de 12 000 € de trésorerie. L'associé unique récupère son apport de 2 000 € sans impôt. Le boni de 10 000 € supporte le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 3 140 €, et l'associé perçoit net 6 860 € en plus de son apport.
Avant de fermer, il est souvent utile d'étudier le calendrier : une distribution de dividendes avant la dissolution, ou le choix de la date de clôture, peut modifier l'imposition finale. Pour les règles de distribution, voir notre page sur la distribution de dividendes.
Combien coûte et combien de temps prend la fermeture d'une SASU ?
Le coût
Fermer une SASU n'est jamais gratuit. Prévoyez :
- deux annonces légales, l'une pour la dissolution, l'autre pour la clôture ;
- les frais de formalités liés aux dépôts sur le guichet unique ;
- l'établissement des comptes de liquidation et des déclarations fiscales de cessation, qui représentent l'essentiel du travail ;
- l'impôt sur le boni de liquidation, le cas échéant.
Les délais
Lorsque la société n'a plus d'activité, peu d'actifs et aucun litige, la fermeture d'une SASU prend généralement trois à six mois. La loi impose seulement que la liquidation soit close dans un délai de trois ans à compter de la dissolution, sauf prorogation accordée par le tribunal.
Société radiée : quelles conséquences ?
Une fois radiée du registre du commerce et des sociétés, la société disparaît officiellement. La radiation ne fait pas pour autant disparaître toutes ses obligations.
- La personnalité morale survit pour les besoins de la liquidation tant que tous ses droits et obligations n'ont pas été liquidés. Une dette oubliée ou un actif non vendu peut ainsi justifier la réouverture des opérations.
- Une action en justice reste possible. Un créancier peut demander au tribunal la désignation d'un mandataire chargé de représenter la société radiée, pour agir contre elle ou reprendre la liquidation.
- Le liquidateur engage sa responsabilité pour les fautes commises pendant la liquidation, par exemple s'il a clôturé en sachant qu'une dette restait impayée.
D'où l'importance d'une liquidation rigoureuse : recensement complet des dettes, déclarations fiscales et sociales de cessation, comptes de liquidation justifiés.
Vos questions sur la fermeture d'une SASU
Peut-on fermer une SASU gratuitement ?
Non. La fermeture d'une SASU suppose au minimum deux annonces légales et des formalités de dépôt. S'y ajoutent l'établissement des comptes de liquidation et, le cas échéant, l'impôt sur le boni de liquidation.
Combien de temps faut-il pour fermer une SASU ?
Généralement trois à six mois pour une société sans activité ni litige. La loi fixe un maximum de trois ans entre la dissolution et la clôture de la liquidation, sauf prorogation judiciaire.
Comment est imposé le boni de liquidation d'une SASU ?
Le boni, c'est-à-dire ce qui dépasse le remboursement des apports, est imposé comme un dividende : au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, ou au barème sur option. Une SASU n'acquitte pas le droit de partage de 2,5 %, réservé aux partages entre plusieurs associés.
Qui peut être liquidateur d'une SASU ?
L'associé unique nomme librement le liquidateur. C'est souvent l'ancien président, mais ce peut être une autre personne, y compris un professionnel. Le liquidateur est responsable des opérations de liquidation.
Peut-on fermer une SASU qui a des dettes ?
Une liquidation amiable suppose que la société puisse payer toutes ses dettes. Si ce n'est pas le cas, elle est en cessation des paiements : son dirigeant doit la déclarer au tribunal dans les 45 jours, ce qui ouvre une procédure collective.
Une société radiée peut-elle être poursuivie en justice ?
Oui. Tant que ses droits et obligations n'ont pas été entièrement liquidés, sa personnalité morale subsiste pour les besoins de la liquidation. Un créancier peut demander la désignation d'un mandataire pour la représenter en justice.