Prime carburant : plafond relevé à 1 000 €, conditions assouplies, cumul et mise en place
La prime carburant permet à l'employeur de prendre en charge les frais de carburant ou de recharge de ses salariés pour leurs trajets entre le domicile et le travail, en franchise de cotisations et d'impôt dans certaines limites. Face à la hausse des prix, le plafond d'exonération sociale a été porté temporairement à 1 000 € et les conditions assouplies jusqu'au 31 décembre 2026. Ce guide présente les règles de droit commun, le régime temporaire, les plafonds, le cumul, la mise en place et l'aide de l'État aux « grands rouleurs ».
Rédigé par Guillaume Thomas Expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables depuis plus de 10 ans. Il a fondé et dirige GT Expertise.
Relu par Arnaud de Pommery Responsable juridique de GT Expertise.
Publié le 14 avril 2026, mis à jour le 2 novembre 2026.
L'essentiel
| Règle | Droit commun | Sommes versées du 1er octobre au 31 décembre 2026 |
|---|---|---|
| Exonération de cotisations sociales | 300 € pour le carburant, dans une enveloppe de 600 € commune avec la recharge des véhicules électriques et le forfait mobilités durables | Limite unique de 1 000 € par an |
| Salariés éligibles pour le carburant | Commune non desservie par les transports collectifs, ou horaires empêchant de les utiliser | Conditions assouplies jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Cumul avec le remboursement de l'abonnement de transport | Interdit pour le carburant | Interdiction suspendue jusqu'au 31 décembre 2026 |
| Caractère obligatoire | Non : prime facultative | Non : prime facultative |
Ce régime temporaire résulte des décrets n° 2026-973 et n° 2026-974 du 20 octobre 2026, publiés au Journal officiel du 21 octobre 2026. Il porte sur les cotisations et contributions sociales ; l'alignement de l'exonération d'impôt sur le revenu sur 1 000 € pour les revenus de 2026 figure dans le projet de loi de finances pour 2027, qui doit encore être adopté.
Les conditions d'attribution
Le droit commun
La prime carburant, prévue par l'article L3261-3 du Code du travail, est réservée aux salariés contraints d'utiliser leur véhicule personnel pour aller travailler :
- la desserte : leur résidence habituelle ou leur lieu de travail est situé dans une commune non desservie par un service public de transport collectif régulier ou par un service privé mis en place par l'employeur ;
- ou les horaires : leurs horaires de travail particuliers ne leur permettent pas d'emprunter un mode de transport collectif.
La prise en charge des frais de recharge des véhicules électriques, hybrides rechargeables ou à hydrogène obéit aux mêmes conditions. Sont en principe exclus les salariés qui disposent d'un véhicule de fonction avec prise en charge du carburant ou d'un transport gratuit organisé par l'employeur.
L'assouplissement jusqu'au 31 décembre 2026
Pour les sommes versées jusqu'au 31 décembre 2026, les conditions de desserte et d'horaires sont assouplies, et la prime carburant peut se cumuler avec le remboursement de l'abonnement de transport public.
Selon Service-Public, ces assouplissements sont strictement limités aux frais de carburant : ils ne concernent ni la recharge des véhicules électriques ni le forfait mobilités durables, qui restent soumis aux conditions de droit commun. Certaines sources présentent une lecture plus large : en cas de doute, le Bulletin officiel de la sécurité sociale fait foi. Les modalités précises doivent être complétées par la loi de finances pour 2027.
Les plafonds d'exonération
L'employeur fixe librement le montant de la prime : la loi n'impose ni minimum ni maximum. Les plafonds ne déterminent que la part exonérée.
| Prise en charge | Plafond de droit commun | Sommes versées du 1er octobre au 31 décembre 2026 |
|---|---|---|
| Frais de carburant | 300 € par an | Limite unique de 1 000 € par an |
| Carburant, recharge électrique et forfait mobilités durables, ensemble | 600 € par an | Limite unique de 1 000 € par an, commune à ces prises en charge |
| Forfait mobilités durables cumulé avec le remboursement de l'abonnement | 900 € par an, ou le montant du remboursement de l'abonnement s'il est supérieur | Limite unique de 1 000 € par an |
Exemple : un employeur verse en décembre 2026 une prime carburant de 800 € à un salarié qui n'a perçu aucune autre prise en charge de ce type dans l'année. Elle est exonérée de cotisations sociales dans la limite de 1 000 €. Au-delà du plafond, la part excédentaire est soumise aux cotisations comme un salaire.
Le Bulletin officiel de la sécurité sociale précise l'articulation avec les sommes déjà versées plus tôt dans l'année. Pour l'impôt sur le revenu, l'exonération reste, à ce jour, soumise aux limites de droit commun, dans l'attente de l'adoption de la loi de finances pour 2027.
Le salarié qui déduit ses frais réels ne peut pas déduire les frais déjà couverts par une prime exonérée. Pour le coût global d'un salarié, voir notre article comment calculer le coût d'un salarié.
Le cumul avec les autres prises en charge
- Le forfait mobilités durables, qui finance le vélo, le covoiturage ou l'autopartage : il se cumule avec la prime carburant dans la limite de l'enveloppe commune, de 600 € en droit commun dont 300 € au plus pour le carburant, et de 1 000 € pour les sommes versées du 1er octobre au 31 décembre 2026.
- Le remboursement de l'abonnement de transport public, obligatoire à hauteur d'au moins 50 % : en droit commun, il ne se cumule pas avec la prime carburant ; cette interdiction est suspendue jusqu'au 31 décembre 2026.
- Les indemnités kilométriques : elles remboursent les déplacements professionnels, et non les trajets entre le domicile et le travail, et relèvent d'un régime distinct.
Mettre en place la prime carburant
- Choisir le support : accord d'entreprise ou interentreprises, à défaut accord de branche, à défaut décision unilatérale de l'employeur, après consultation du comité social et économique s'il existe.
- Définir les règles : bénéficiaires, montant, éventuelle modulation selon la distance, périodicité et mode de versement.
- Appliquer les mêmes critères à tous : la prime doit bénéficier, selon les mêmes modalités, à l'ensemble des salariés qui remplissent les conditions.
- Informer les salariés par écrit avant la mise en œuvre.
- Rassembler les justificatifs : accord ou décision, avis du comité social et économique, attestations des salariés sur leur situation, justificatifs de domicile, relevé des sommes versées. Ils doivent être conservés pour pouvoir être présentés en cas de contrôle.
Pour bénéficier du plafond relevé, les sommes doivent être versées au plus tard le 31 décembre 2026 : une mise en place rapide est nécessaire. Voir notre offre d'accompagnement social.
Le versement et la paie
- Sur le bulletin de paie : la prime figure sur une ligne dédiée ; la part exonérée n'est soumise ni aux cotisations ni, dans les limites applicables, à l'impôt sur le revenu.
- Par titres-mobilité : cartes ou applications prépayées, émises par des sociétés habilitées, utilisables notamment pour le carburant et la recharge.
- En comptabilité : la prime versée en paie est enregistrée en charges de personnel ; les frais facturés par l'émetteur de titres-mobilité sont des charges externes.
Dans la limite des plafonds, la prime ne supporte ni cotisations patronales ni cotisations salariales : à coût égal pour l'employeur, elle procure au salarié un gain net supérieur à celui d'une augmentation de salaire. Voir aussi notre article sur les avantages en nature sur la fiche de paie.
À ne pas confondre : l'aide de l'État aux « grands rouleurs »
Distincte de la prime versée par l'employeur, l'aide aux « grands rouleurs » est versée par l'État. Créée en mai 2026 pour la période d'avril à septembre, à hauteur de 50 €, elle a été renouvelée pour octobre à décembre 2026 et portée à 100 € (décret n° 2026-959 du 15 octobre 2026).
| Condition | Aide de l'État d'octobre à décembre 2026 |
|---|---|
| Montant | 100 €, une seule fois par véhicule |
| Bénéficiaires | Personnes ayant déclaré des revenus d'activité, sous conditions de ressources |
| Ressources | Revenu fiscal de référence de 2024 par part inférieur ou égal à 22 770 €, ou plafonds de salaire selon la composition du foyer |
| Usage du véhicule | Au moins 15 km par trajet entre le domicile et le travail, ou au moins 8 000 km par an pour l'activité |
| Véhicule | Motorisation thermique ou hybride non rechargeable |
| Demande | Dans l'espace Finances publiques sur impots.gouv.fr, du 27 octobre au 31 décembre 2026 ; versement automatique pour les bénéficiaires de la période précédente |
Vos questions sur la prime carburant
Quel est le plafond de la prime carburant ?
En droit commun, 300 € par an pour le carburant, dans une enveloppe de 600 € commune avec la recharge des véhicules électriques et le forfait mobilités durables. Pour les sommes versées du 1er octobre au 31 décembre 2026, l'exonération de cotisations sociales est portée à 1 000 € par an.
La prime carburant est-elle obligatoire ?
Non. Elle est facultative. Seul le remboursement d'au moins 50 % des abonnements de transport public est obligatoire pour l'employeur.
Quels salariés peuvent bénéficier de la prime carburant ?
En droit commun, les salariés dont le domicile ou le lieu de travail se trouve dans une commune non desservie par les transports collectifs, ou dont les horaires empêchent de les utiliser. Ces conditions sont assouplies pour les sommes versées jusqu'au 31 décembre 2026.
La prime carburant est-elle exonérée d'impôt sur le revenu ?
Oui, dans les limites de droit commun. L'alignement de l'exonération d'impôt sur le plafond de 1 000 € pour les revenus de 2026 est prévu par le projet de loi de finances pour 2027, qui doit encore être adopté.
Peut-on cumuler la prime carburant et le remboursement de l'abonnement de transport ?
En droit commun, non. Cette interdiction de cumul est suspendue pour les sommes versées jusqu'au 31 décembre 2026.