La Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS) pour 2026, promulguée fin décembre 2025, est désormais entrée dans sa phase d’exécution. Pour les dirigeants et les experts-comptables, l’heure n’est plus à l’anticipation mais à la mise en conformité des paies et des stratégies de rémunération.
Voici les points clés à vérifier pour ce premier trimestre 2026.
Coût du travail : La réforme des allègements généraux
C’est le changement majeur pour les employeurs cette année. La LFSS 2026 a revu les modalités de calcul des exonérations de cotisations patronales (ex-réduction Fillon).
- Suppression des taux réduits : Les taux réduits de cotisations d’assurance maladie et d’allocations familiales sont supprimés, sauf pour certains dispositifs spécifiques (ZRR, Lodeom).
- Nouveaux coefficients : Le coefficient maximal d’exonération au niveau du SMIC est désormais fixé à 0,3981 (pour les moins de 50 salariés) et 0,4021 (pour les 50 et plus).
- Seuil minimal : Un seuil minimal d’exonération de 2% est introduit pour les rémunérations allant jusqu’à 3 SMIC, rendant la dégressivité plus complexe à gérer en paie.
Ruptures de contrat : Un surcoût confirmé
Depuis le 1er janvier 2026, se séparer d’un collaborateur coûte plus cher à l’entreprise :
- Rupture conventionnelle et mise à la retraite : La contribution patronale unique sur les indemnités de rupture (part exclue des cotisations) passe de 30% à 40%.
Objectif : Limiter le recours aux pré-retraites déguisées et stabiliser les seniors dans l’emploi.
Travailleurs Indépendants : La révolution de l'assiette unique
Si vous êtes travailleur non-salarié (TNS), le printemps 2026 marque un tournant historique avec la mise en œuvre de la réforme de l’assiette sociale.
- L’assiette « Superbrut » : Désormais, une base de calcul unique sert à la fois aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS. Elle repose sur le revenu brut après un abattement forfaitaire de 26%.
- Plus de droits, moins de taxes : Cette réforme diminue la part de la CSG (non contributive) au profit des cotisations retraite.
- À noter : Les effets concrets se font sentir dès ce mois-ci avec l’ouverture de la campagne de déclaration des revenus 2025 et l’ajustement des appels de cotisations provisionnelles 2026.
Les chiffres clés applicables en mars 2026
| Indicateur | Valeur 2026 |
| PASS (Plafond Annuel) | 48 060 € |
| PMSS (Plafond Mensuel) | 4 005 € |
| SMIC Mensuel Brut (35h) | 1 823,03 € |
| Gratification de stage | 4,50 € / heure |
Nouvelles obligations RH et Santé
Le volet social de la loi introduit également des mesures de gestion quotidiennes :
- Visites de pré-reprise : Le médecin conseil peut désormais solliciter une visite de pré-reprise dès 30 jours d’arrêt (contre 3 mois auparavant).
- Congé de naissance : Le nouveau congé de naissance indemnisé (remplaçant partiellement l’ancien congé parental) est désormais en vigueur, offrant une meilleure rémunération mais nécessitant une coordination fine avec vos plannings RH.
- Malus Senior : Attention, les grandes entreprises n’ayant pas mis en place de plan d’action pour l’emploi des seniors s’exposent désormais à une pénalité sur leurs cotisations vieillesse.
L’accompagnement de GT Expertise
En ce mois de mars 2026, nos équipes sont mobilisées pour :
- Auditer vos premières paies de l’année pour valider les nouveaux calculs d’allègements.
- Simuler l’impact de l’assiette unique pour les dirigeants TNS lors de la déclaration de revenus.
- Ajuster vos budgets de trésorerie en fonction de la hausse du forfait social sur les indemnités de rupture.
- Le conseil de l’expert : Ne tardez pas à vérifier la conformité de vos contrats d’apprentissage. Depuis le 1er janvier 2026, l’exonération de cotisations salariales pour les nouveaux apprentis a été rabotée, impactant directement leur salaire net.



