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Social / RH Lecture : 11 minutes

Médecine du travail : les obligations de l'employeur en 2026 (visites, délais, sanctions)

La médecine du travail est obligatoire dès le premier salarié. L'employeur doit adhérer à un service de santé au travail, organiser les visites médicales de ses salariés dans les délais et en assumer le coût. Ce guide fait le point sur toutes les obligations de l'employeur : quelles visites, à quel moment, ce qui a changé en 2026 et ce que vous risquez si une visite médicale n'est pas effectuée.

Portrait de Guillaume Thomas, expert-comptable et fondateur de GT Expertise

Rédigé par Guillaume Thomas Expert-comptable et commissaire aux comptes, inscrit à l'Ordre des experts-comptables depuis plus de 10 ans. Il a fondé et dirige GT Expertise.

Portrait d'Arnaud de Pommery, responsable juridique de GT Expertise

Relu par Arnaud de Pommery Responsable juridique de GT Expertise.

Publié le 5 octobre 2020, mis à jour le 26 octobre 2026.

La médecine du travail : une obligation pour tout employeur

Tout employeur de droit privé, quel que soit son effectif, doit organiser le suivi de l'état de santé de ses salariés. Cette obligation concerne tous les salariés : CDI, CDD, apprentis, salariés à temps partiel ou intérimaires, ces derniers étant suivis par l'entreprise de travail temporaire.

Pour la remplir, l'employeur adhère à un service de prévention et de santé au travail (SPST), qui a remplacé l'ancienne appellation de « service de santé au travail ». Ce service réalise les visites médicales, conseille l'employeur sur la prévention des risques et l'aide, par exemple, à établir son document unique d'évaluation des risques (DUERP).

Les trois obligations de base de l'employeur : adhérer à un service de prévention et de santé au travail avant sa première embauche, organiser les visites médicales obligatoires dans les délais, et prendre en charge leur coût. Le temps passé par le salarié aux visites est rémunéré comme du temps de travail effectif, et ses frais de transport sont remboursés.

Comment choisir sa médecine du travail ?

La plupart des entreprises adhèrent à un service interentreprises (SPSTI), association agréée qui assure le suivi des salariés de nombreuses entreprises d'un même secteur géographique ou professionnel. Les grandes entreprises peuvent, à certaines conditions, organiser leur propre service autonome.

Pour choisir votre médecine du travail :

  • Identifiez les services compétents pour le lieu de travail de vos salariés et, le cas échéant, pour votre secteur d'activité. Selon les territoires, le choix peut se limiter à un seul service.
  • Comparez l'offre de services : délais d'obtention des rendez-vous, proximité des centres, accompagnement en prévention, outils en ligne.
  • Adhérez avant la première embauche, pour pouvoir organiser la visite du salarié dans les délais.

L'adhésion donne lieu à une cotisation annuelle, généralement calculée par salarié. En comptabilité, elle s'enregistre au compte 6475 « Médecine du travail, pharmacie ». Un employeur qui ne paie pas sa cotisation peut être radié du service, ce qui le place en infraction.

Les visites médicales obligatoires

Le suivi médical s'adapte au poste et à la situation de chaque salarié. Voici les visites que l'employeur doit organiser ou permettre.

VisiteQuandPour qui
Visite d'information et de prévention (VIP)Dans les 3 mois suivant la prise de poste ; 2 mois pour un apprenti ; avant la prise de poste pour un travailleur de nuit ou un salarié de moins de 18 ansTout salarié qui n'occupe pas un poste à risques particuliers
Renouvellement de la VIPSelon la périodicité fixée par le médecin du travail, au maximum tous les 5 ans ; 3 ans maximum pour les travailleurs de nuit et les travailleurs handicapésSalariés en suivi simple ou adapté
Examen médical d'aptitude (suivi individuel renforcé)Avant l'embauche, puis au maximum tous les 4 ans, avec une visite intermédiaire au plus tard 2 ans aprèsSalariés affectés à des postes présentant des risques particuliers
Visite de mi-carrièreL'année civile des 45 ans du salarié, ou à l'âge fixé par accord de brancheTous les salariés
Visite de pré-reprisePendant un arrêt de travail de plus de 30 jours, à la demande du salarié, de son médecin traitant ou du médecin-conseilSalariés en arrêt de longue durée
Visite de repriseLe jour de la reprise et au plus tard dans les 8 joursAprès un congé de maternité, un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail ou d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel

À ces visites s'ajoutent les visites à la demande. Le salarié, l'employeur ou le médecin du travail peuvent en solliciter une à tout moment, par exemple en cas de difficulté de santé liée au poste. Une visite est aussi prévue avant le départ en retraite des salariés qui ont été exposés à certains risques.

La visite médicale d'embauche et ses délais

La « visite médicale d'embauche » a été remplacée par la visite d'information et de prévention. Elle peut être réalisée par le médecin du travail ou, sous sa responsabilité, par un autre professionnel de santé, comme un infirmier en santé au travail. Elle donne lieu à une attestation de suivi, et non à un avis d'aptitude.

  • Délai de droit commun : dans les 3 mois suivant la prise effective du poste.
  • Apprentis : dans les 2 mois suivant l'embauche.
  • Travailleurs de nuit et salariés de moins de 18 ans : avant la prise de poste.
  • Postes à risques particuliers : un examen médical d'aptitude, réalisé par le médecin du travail, avant l'embauche.

Une nouvelle visite n'est pas nécessaire lorsque le salarié a déjà bénéficié d'une visite récente pour un emploi identique, sous certaines conditions, et que le médecin du travail dispose de son dossier. Dans le doute, interrogez votre service de santé au travail dès la signature du contrat. Pour l'ensemble des démarches liées à un recrutement, voir notre page embauches et contrats.

Vous embauchez ? Nous sécurisons toutes les formalités Déclaration préalable à l'embauche, contrat, adhésion au service de santé au travail, suivi des visites et paie : rien n'est oublié.

Visites de pré-reprise et de reprise : les règles en 2026

Le rendez-vous de liaison et la visite de pré-reprise

Pendant un arrêt de travail de plus de 30 jours, l'employeur peut proposer au salarié un rendez-vous de liaison, associant le service de santé au travail, pour l'informer des mesures dont il peut bénéficier en vue de son retour. Le salarié est libre de l'accepter. La visite de pré-reprise, elle, est organisée à la demande du salarié, de son médecin traitant ou du médecin-conseil, pour préparer la reprise et anticiper un éventuel aménagement de poste.

La visite de reprise

La visite de reprise est obligatoire après un congé de maternité, un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail, et un arrêt d'au moins 60 jours pour maladie ou accident non professionnel. Dès qu'il connaît la date de fin de l'arrêt, l'employeur saisit son service de santé au travail, qui organise la visite le jour de la reprise et au plus tard dans les 8 jours.

Ce qui change en 2026. Pour les arrêts de travail délivrés depuis le 15 juin 2026, la visite de reprise n'est plus requise lorsque le salarié a passé une visite de pré-reprise dans les 30 jours précédant son retour et que le médecin du travail a conclu qu'aucun aménagement du poste ou du temps de travail n'était nécessaire. Le médecin du travail, l'employeur ou le salarié peuvent toutefois toujours demander une visite de reprise. Par ailleurs, l'employeur est désormais informé de l'organisation d'une visite de pré-reprise, sauf si le salarié s'y oppose.

Pour la gestion des arrêts eux-mêmes, indemnisation et déclarations, voir notre article arrêts maladie : ce que l'employeur doit payer et déclarer.

Visite médicale non effectuée : que risque l'employeur ?

L'absence ou le retard d'une visite médicale est l'une des irrégularités les plus fréquentes, en particulier dans les petites entreprises. Elle expose l'employeur sur plusieurs terrains.

  • Sur le plan pénal. Le non-respect des règles relatives aux services de prévention et de santé au travail est puni de l'amende prévue pour les contraventions de cinquième classe, soit jusqu'à 1 500 € pour une personne physique et 7 500 € pour une société.
  • Sur le plan civil. Le salarié peut demander des dommages et intérêts devant le conseil de prud'hommes s'il démontre que l'absence de visite lui a causé un préjudice.
  • En cas d'accident ou de maladie professionnelle. Un suivi médical défaillant peut contribuer à la reconnaissance d'une faute inexcusable de l'employeur, dont les conséquences financières sont lourdes.
  • Pour la gestion des contrats. Sans visite de reprise, le contrat de travail reste suspendu : l'employeur ne peut pas sanctionner le salarié pour des faits liés à son état de santé, et la procédure d'inaptitude ne peut pas être engagée.

Si une visite n'a pas été faite, ou si le service de santé au travail tarde à fixer un rendez-vous, régularisez au plus vite et conservez la preuve de vos demandes : courriels, demandes de rendez-vous, relances. En cas de retard imputable au service, ces traces démontrent votre bonne foi.

Faites le point sur votre conformité sociale Visites médicales, DUERP, affichages, registres, contrats : nous vérifions vos obligations d'employeur et vous aidons à régulariser.

Organiser le suivi médical dans l'entreprise

  1. Tenir un calendrier des visites pour chaque salarié : date d'embauche, dernière visite, prochaine échéance, type de suivi.
  2. Déclarer chaque embauche à votre service de santé au travail dès la signature du contrat, en précisant le poste et ses éventuels risques particuliers.
  3. Anticiper les retours d'arrêt : dès que vous connaissez la date de reprise, contactez le service pour organiser la visite de reprise.
  4. Mettre en œuvre les préconisations du médecin du travail : aménagement de poste, de temps de travail, équipements.
  5. Relier le suivi médical à la prévention : mise à jour du DUERP, actions de prévention, information des salariés.

Notre équipe sociale peut prendre en charge ce suivi dans le cadre de notre accompagnement social et de nos conseils social et RH.

Vos questions sur la médecine du travail

La médecine du travail est-elle obligatoire pour une petite entreprise ?

Oui. L'obligation s'applique dès le premier salarié, quel que soit l'effectif. L'employeur doit adhérer à un service de prévention et de santé au travail et organiser les visites médicales de chacun de ses salariés.

Quel est le délai pour la visite médicale d'embauche ?

La visite d'information et de prévention doit avoir lieu dans les 3 mois suivant la prise de poste, dans les 2 mois pour un apprenti, et avant la prise de poste pour un travailleur de nuit ou un salarié de moins de 18 ans. Les postes à risques particuliers nécessitent un examen médical d'aptitude avant l'embauche.

Que se passe-t-il si la visite médicale d'embauche n'est pas effectuée ?

L'employeur s'expose à une amende pénale, à une demande de dommages et intérêts du salarié s'il prouve un préjudice et, en cas d'accident, à une reconnaissance de faute inexcusable. Il doit régulariser au plus vite et conserver la preuve de ses démarches auprès du service de santé au travail.

Qui paie la médecine du travail ?

L'employeur. Il verse une cotisation annuelle au service de prévention et de santé au travail, rémunère le temps de visite comme du temps de travail effectif et prend en charge les frais de transport du salarié.

Dans quel compte comptable enregistrer la cotisation de médecine du travail ?

La cotisation au service de prévention et de santé au travail s'enregistre au compte 6475 « Médecine du travail, pharmacie », qui fait partie des charges de personnel.

La visite de reprise est-elle toujours obligatoire ?

Elle reste obligatoire après un congé de maternité, un arrêt d'au moins 30 jours pour accident du travail et un arrêt d'au moins 60 jours pour maladie non professionnelle. Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, elle n'est plus requise si une visite de pré-reprise réalisée dans les 30 jours précédant le retour n'a conclu à aucun aménagement, sauf demande du médecin du travail, de l'employeur ou du salarié.

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